Y : Le Dernier Homme

2 03 2012
 

Critique Comic

Y : Le Dernier Homme

Découvrez un monde post-apocalyptique à travers l’histoire du dernier mâle sur Terre dans un monde peuplé de 3 milliards de femmes.

Si du jour au lendemain, vous êtes l’unique survivant mâle d’une terrible catastrophe, profiteriez-vous de la situation pour vous constituer un harem ? Resteriez-vous de marbre face à une telle situation en restant avec l’élu de votre cœur ? Êtes-vous gay ? Tenteriez-vous de sauver le monde en étant « l’élu » ? Peut être que dans ce nouvel enfer, vous mettriez fin à vos jours ? Si cela ressemble à un banal psycho-test présent dans un magazine « people » et si une telle situation semble improbable, c’est pourtant face à ces choix que devra faire face Yorick Brown : le héros du comic : « Y le dernier homme ».

Titre : Y : Le Dernier Homme

Type : Comic

Style : Science fiction

Nombre de tomes :

60 comics regroupés en 10 tomes (USA et France)

Auteur : Brian K. Vaughan (scénario), et Pia Guerra (dessin)

Sujet : Disparition des mâles sur la Terre

« Y : Le dernier homme »  est une série de comics réalisée par Brian K. Vaughan (scénario), et Pia Guerra (dessin) avec l’assistance de Robert Marzan Jr (encrage), Pamela Rambo (couleur) et J. G. Jones (couverture). Le comic est composé de 60 volumes, sorti également en 10 tomes reliés en France. « Y : Le dernier homme » a obtenu 2 récompenses « Will Eisner Award » par le biais du travail de ses artistes (meilleur scénariste en 2005, et meilleur équipe artistique en 2008).

C’est l’histoire d’un mec…

« Y : le dernier homme » présente le périple de Yorick Brown : un américain lambda pratiquant l’escapologie (l’art de l’évasion mis en avant par Harry Houdini) venant de se déclarer sa demande en mariage à sa dulcinée qui se trouve en Australie. Peu de temps après cette déclaration, un terrible cataclysme éclate. Yorick Brown et son capucin représentent les 2 derniers survivants de ce fléau foudroyant qui a décimé tous les mâles de la Terre (hommes ou animaux) en même temps.

Maladie ? Punition divine ? Arme nanotechnologique ? Les raisons de cette catastrophe demeurent un véritable mystère, mais autant dire que le chaos règne sur la Terre.

Les femmes se retrouvent seules sans trop comprendre ce qui s’est passé. Tandis que certaines tentent de redresser la situation du pays, à vouloir fonder par défaut une société Gynocratique, d’autres au contraire imposent leur loi avec des conflits qui éclatent un peu partout.

Les femmes n’imaginent plus la présence des hommes sur Terre, d’autant plus que des amazones modernes ont détruit toutes les banques de spermes empêchant de résoudre cette catastrophe par le biais de la science.

Yorick Brown entreprend un périple à Washington en tentant de passer incognito à l’aide d’une combinaison afin d’obtenir des nouvelles de sa mère (qui est une politicienne) et de rejoindre ensuite sa future femme en Australie.

Afin de sauver l’humanité d’une disparition certaine, sa mère envoie son fils en mission avec le soutien de l’agent 355 vers une scientifique de grande renommée (Doctor Allison Mann) ayant réalisé des expériences sur le clonage.

Yorick Brown n’arrivera pas à conserver longtemps son anonymat. Et je vous laisse découvrir la suite…

Ce n’est pas la première fois que le thème de la disparition des hommes ou des femmes pour former une unité « unisexe » est abordé. On pourra citer des œuvres telles que Les Fils de l’homme, La Mort blanche, The Last Man On Planet Earth ou bien encore Houston, Houston, Do You Read?. D’ailleurs, les auteurs réalisent quelques petits clins d’œil à certaines de ces références.

Là, ou les auteurs font fort, c’est dans la réflexion même des conséquences d’un tel incident. Tandis que certains n’y verraient ici que potentiellement le scénario d’un harem gigantesque, Brian K. Vaughan et Pia Guerra vont beaucoup plus loin dans la réflexion, se posant dans un monde post apocalyptique. Outre une perte des proches qui affecte obligatoirement le moral de la gente féminine, il y a un ensemble de structure qui s’écroule avec un chaos sans nom.

La perte soudaine de 3 milliards d’individus pose des soucis de main d’œuvre et de compétences. Les centrales ne peuvent plus fournir l’énergie à tous, le téléphone devient inutile, internet disparaît. Les morts qui pourrissent apportent leur lot de maladies. Les voitures des hommes présentent sur la route encombrent les axes de transport. La viande se fait de plus en plus rare, vu que le bétail ne peut plus se reproduire, des espèces animales dont le cycle de vie est courte disparaissent totalement de la surface du globe… Tout un pan culturel disparaît par la même occasion.

Pire encore malgré que le fléau ait causé déjà suffisamment de dégâts, des amazones modernes imposent leur loi, et le peu de femmes politiques restantes se querellent pour des idées politiques au lieu de former un bloc uni.

Il serait trop long de décrire l’ensemble des effets de cette catastrophe, mais les 2 artistes ont réalisé un très bon travail de réflexion.

Et maintenant, imaginez que dans ce monde post apocalyptique, il reste un homme ! Tandis que certaines misandres exacerbées n’y verraient qu’un homme à abattre, d’autres y verraient le sauveur pouvant assurer la reproduction de tout un peuple, certaines y verraient une possibilité de tendresse masculine, et d’autres un objet de collection unique.

Même remarque que précédemment : beaucoup de cas de figures sont exploités. Les réactions face à la découverte d’Yorick Brown sont véritablement variées.

Description de notre société actuelle

Pour les personnes qui ne se rendent pas compte de la situation, voici un mini encart qui décrit la société actuelle basée sur une pseudo parité dans une civilisation mondiale qui a été longtemps gouvernée par des états « phallocrates ».

Comme à l’heure actuelle, la parité est loin d’être une règle absolue surtout dans certains pays, la plupart des fonctions importantes sont occupées par des hommes… la politique, l’armée, les grands chefs d’entreprises…

Si on s’intéresse à des statistiques concrètes, en 2008, sur les 300 plus grosses entreprises européennes, seules 3 sociétés sont dirigées par des femmes. Le bilan dans le pays de l’Oncle Sam n’est guère plus réjouissant puisque sur les 500 plus grosses sociétés, seules 15 sociétés sont dirigées par des femmes.

A échelle de sociétés moins importantes, un tiers des femmes dirigent une entreprise. Un chiffre inférieur sur le plan de la politique (20% des membres Parlements nationaux de l’UE et des ministres nationaux de l’UE).

Si on s’intéresse aux chiffres des très très hauts postes de la politique (président ou premier ministre) . Combien de femmes depuis des années ont accédé au pouvoir dans les pays sans aide de principe de royauté ? Si on tient compte des superpuissances financières, cela donnerait Margaret Thatcher, Édith Cresson et Angela Merkel.

Une disparité ironiquement moins présente sur d’autres pays avec des présidentes comme Ellen Johnson Sirleaf (Libéria), Pratibha Patil (Inde), Atifete Jahjaga (Kosovo)… Mais il faut reconnaître que globalement, les femmes occupent nettement moins de postes importants que les hommes.

Un phénomène qui accentue donc, la catastrophe décrite dans « Y : Le dernier homme ».

Outre un scénario excellent et mûrement réfléchi, « Y : Le dernier homme » n’offre pas une seconde de répit pour le lecteur. Les situations s’enchaînent à un rythme effréné, sans donner aux lecteurs une sensation de déjà vu.

De plus, les protagonistes principaux évoluent au fur et à mesure de leur périple.

Bien que des situations dramatiques sont une constante de ce récit, les auteurs ne font pas l’impasse sur l’humour en plaçant quelques réflexions misandres/misogynes assez cocasses. L’humour ne s’arrête pas à uniquement à la guerre des sexes, mais également sur certains aspects culturels. De plus, Yorick Brown représente une chimère pour beaucoup de femmes, et son orgueil de mâle en prend parfois un coup, lorsque des femmes lui signalent qu’il ressemble presque à un homme, mais qu’il lui manque un petit quelque chose.

Tellement vrai…

En ce qui concerne les dessins, Pia Guerra a réalisé du bon travail. Le trait est relativement classique, mais la mise en scène est bien mise en valeur. En revanche, les jaquettes des comics de J. G. Jones sont somptueuses. Le soin apporté aux couleurs, aux traits plus réalistes sont d’une très grande qualité. On pourra regretter que la qualité du dessin contraste entre les couvertures, et le dessin du comic. Mais bon, les lecteurs de comics sont habitués à ce genre de procédé !

Les protagonistes

Yorick Brow : Unique survivant des hommes sur Terre. Yorick Brow est à la base un américain parmi tant d’entre d’autres, sans aucune responsabilité, et ne souhaite pas en avoir.

Sauf que maintenant, l’avenir du monde repose sur ses épaules. Yorick Brow a fait sa demande en mariage à sa petite amie Beth qui est une anthropologue faisant des recherches en Australie.

Yorick Brow est un spécialiste de l’art de l’évasion, et fait partie d’un club de magie. Avant la catastrophe, il adopte un singe afin d’aider la recherche scientifique auprès des handicapés.

Agent 355 : Agent 355 est une garde du corps travaillant pour une organisation secrète nommée « Culper Ring ». Avant la catastrophe, sa mission était de récupérer l’amulette D’Hélène, une amulette mystérieuse ayant certaines propriétés légendaires. Agent 355 est un personne radical, et vif dans la prise des décisions. Elle incarne au début du comic le personnage féminin typé militaire, et froid.

Doctor Allison Mann : Doctor Allison Mann est une célèbre scientifique qui a tenté d’accoucher de son propre clone. Avec Yorick Brow, elle représente l’espoir de la possibilité de sauver le monde.

Esperluette : Esperluette est le capucin de Yorick Brow. Il s’agit du second représentant mâle de la Terre. Il s’agit d’un singe ayant servi à des expériences pour aider les handicapés, mais ce dernier est plus dissipé qu’autre chose.

Conclusion

Véritable œuvre féministe abordant certains thèmes sur la place de la femme dans la société, l’homosexualité… Y : le dernier homme s’impose clairement comme une référence que l’on doit lire.  Le périple de Yorick Brown est palpitant, sans aucun temps mort. La réflexion de son univers apocalyptique est plutôt réussie. Bien qu’un tel scénario soit improbable sur le plan de la vitesse d’exécution, on ne peut toutefois exclure la possibilité d’une société unisexe due à la politique de l’enfant unique dans certains pays, d’une stérilité croissante (radioactivité, pesticide…), ou de certaines maladies.

Y : le dernier homme ne laisse pas uniquement place au drame, grâce à la présence d’un humour parcimonieux mais d’une grande efficacité.

Y : le dernier homme décrit des personnages forts, et attachants. Par la même occasion, ce comic vous fera voyager à travers la Terre.

Les +

  • Le scénario
  • Les personnages
  • L’humour
  • La fin
  • Aucun temps mort

Les –

  • On aimerait que le comic soit plus long
  • Quelques situations qui n’ont pas été imaginées
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