Record / chiffre et situation de la BD dans le monde

13 04 2012
   Dossier BD mondiale
Les records et chiffres

Découvrez les records du domaine de la BD, ainsi qu’un point sur la situation de la BD dans les pays du monde.

Ce qui est marrant, c’est que parfois, il suffit d’une simple conversation pour avoir l’idée d’un article auquel on aurait jamais pensé en temps normal. Aujourd’hui, il ne s’agit pas d’un article sur un auteur, ou sur une BD, mais juste sur des records en tous genres, et une brève situation chiffrée du marché de la BD dans le monde.

 

Avant toute chose, je tiens à préciser que les chiffres que j’avance sont un mélange des chiffres officiels des guiness book, de divers chiffres communiqués, ainsi que de chiffres / informations officieux basés sur mes propres connaissances.

Il faut savoir que le guiness book ne recense pas vraiment tous les cas de figures de records pour X raisons, et que du coup, certaines récompenses  s’avèrent faux… Rendons donc à César, ce qui est à César. Il est possible que j’avance certains exploits officieux pas forcément numéro 1 mais qui dépassent tout de même le record mondial officiel. Il faut être réaliste, si le guiness book a déjà du mal à recenser les grands leaders, alors moi, tout seul, c’est un challenge encore plus complexe…

Vu les tonnes de titres existants à travers le monde, il est possible que ce dossier contienne quelques erreurs (ou plutôt oublis) sur les choix des recordmans. Merci de me signaler si vous en constatez.

Les plus vendus

Au niveau des ventes de BD tous supports confondus, le numéro mondial est le fumetto (BD italienne) Tex avec 500 millions d’exemplaires écoulés sur 646 volumes. Les ventes cumulées de ce titre se basent essentiellement en Italie, bien que la saga connaisse une certaine réputation en Espagne et en Turquie. En France, la série se fait plus discrète mais compte une quarantaine de tomes (qui représentent en réalité 80 fumetti).

Chez le pays de l’Oncle Sam, c’est le comic strip Peanuts qui est le plus vendu (classé deuxième mondial). Si ce titre ne vous évoque rien, Snoopy vous parle peut être plus. Le titre s’est écoulé à plus de 350 millions d’exemplaires de BD à travers le monde. Sans oublier que la publication du titre ne s’arrête pas là, puisque plus de 2600 magazines / journaux ont publié les gags de Snoopy et Charlie Brown sur Terre. Au total Charles M. Schulz dessina dans sa carrière 17 897 strip sur cet univers.

Du coté de la BD franco belge, c’est Astérix qui prend la première place avec 325 millions de BD vendues dans le monde. Toutes BD confondues, il se classe troisième mondialement derrière Tex et Peanuts. Astérix détient par la même occasion le record de la BD la plus traduite à travers le monde avec plus de 700 langues… Autre performance théorique que devrait posséder le gaulois est celui des ventes sur un album car la moyenne des ventes d’un tome est de 9 millions, sauf que le record appartient officiellement à X-men avec 8 millions…

Chez nos amis japonais, il s’agit de Dragon Ball qui a dépassé le cap des 300 millions dans le monde et se place quatrième BD mondiale (mini format inclue). Toutefois, Dragon Ball a été dépassé niveau ventes sur le territoire japonais par One Piece avec plus de 260 millions (contre 150 millions pour Dragon Ball). Les ventes mondiales ne sont pas communiquées, mais One Piece s’approche petit à petit de la barre des 300 millions. A long terme, la saga passera certainement même devant Peanuts et Astérix, car One Piece s’avère encore « jeune », d’autant plus que l’auteur est loin d’avoir terminé la série. En novembre 2009, Eiichirō Oda avait annoncé que l’aventure de Luffy était rendue à sa moitié.

One Piece détient le record du manga qui se vend le plus rapidement à sa sortie avec des tirages de 4 millions d’exemplaires.

En Chine, le leader du marché est Oriental Heroes. Il s’agit d’un manhua de Tony Wong, qui détient par la même occasion le record de la série la plus longue avec 1280 volumes. Forcément, un tel nombre de livres assure une vente totale cumulée plus que confortable. En 1985, chaque volume d’Oriental Heroes s’écoulait à 40000 exemplaires. Il s’agit du seul chiffre officiel connu, mais les ventes de la saga ont augmenté avec l’âge d’or du manhua à Hong Kong, apparu au début des années 90. A cette époque, Oriental Heroes était l’une des séries les plus populaires. Bref, même si on reste vaguement avec le chiffre de 40000 exemplaires, cela représente tout de même 51 millions d’exemplaires. En tenant compte de certains paramètres, Oriental Heroes pourrait potentiellement se classer dans le haut du classement, mais sans la présence d’autres chiffres certifiés, il ne s’agit que de pures spéculations.

En Inde, Amar Chitra Katha est la BD la plus vendue sur le territoire avec plus de 90 millions d’exemplaires (qui a dû atteindre les 100 millions depuis les derniers chiffres). Ceci dit, il faut savoir déjà que la série compte plus de 450 volumes depuis 1967 et que le titre n’a eu que peu de concurrences  pendant très longtemps (les explications à ce sujet seront dévoilées plus bas). Amar Chitra Katha est une série conçue par Anant Pai qui se destine surtout pour un public pour d’enfant, basée en règle générale sur l’univers d’Hanuman, Rāmāyana ou le Mahabharata. Divers artistes s’ajouteront à la conception du livre indien au cours des années.

Officieusement, les champions mondiaux seraient X-men, Superman, et Batman avec plus de 500 millions de comics écoulés selon certaines sources. Si il s’agit que d’un record officieux, c’est tout simplement que les séries en question comptent plusieurs sagas, divers cross over et diverses brèves apparitions. Pareil qu’Oriental Heroes, les sagas s’illustrent par la grande quantité de titres, puisqu’elles comptent plus de 1500 et 3000 comics, sauf que la différence de la saga chinoise, se réalise par le découpage d’histoire. Par exemple, X-Men en dénombre une bonne soixantaine d’histoires différentes (X-Men Adventures, X-Men Evolution, X-Men 2099, X-Men Unlimited, X-Treme X-Men…), avec différents artistes qui ont travaillé sur l’œuvre de marvel. Batman et Superman se retrouvent dans le même cas de figure. Toutefois, on notera quand même la performance du premier tome de X-men de Jim Lee qui s’est écoulé à plus de 8 millions d’exemplaires et qui détient le record du comic book le plus vendu.

Parmi les gros poids lourds, on pourra citer Tintin et Lucky Luke avec plus de 200 millions, Kochikame avec plus de 150 millions, Slam Dunk avec 120 millions et Astroboy avec plus de 100 millions. Les ventes de Drunken Master, les 4 fantastiques, Iron man, Spiderman, ne sont pas connues, mais elles doivent être également très élevées.

Les sagas les plus longues

On retrouvera en commun quelques titres qui étaient déjà parmi les plus vendus. Ce qui est logique, plus une série est longue, plus son cumul de ventes aura des chances d’être important. Et en général, quand un ou des auteur(s) travaille(nt) sur une série longue, c’est que la série marche plutôt bien.

En 1000 volumes, Tony Wong a changé radicalement de style de dessin

La saga la plus longue sur une seule série est Oriental Heroes avec 1280 volumes, suivie de Drunker Master avec 1015 volumes. Il s’agit de 2 manhuas dessinés par Tony Wong. Oriental Heroes a commencé dans les années 1975. On pourra également noter la présence de Buddha’s Palm du même auteur avec plus de 700 volumes. Bien évidemment, chaque tome ne représente pas 200 pages, mais 32. Oriental Heroes représente donc 41000 pages environ sans compter les spin off.

En Italie, le fumetto le plus long est Tex Willer avec 615 volumes. En prenant en compte le nombre de pages dessinées, cela représente plus de 71000 pages dépassant ainsi Oriental Heroes. Soulignons tout de même que depuis 1948, 2 dessinateurs (Aurelio Galleppini et Claudio Nizzi) se succéderont pour décrire les périples du cow boy.

Toujours en Italie, Zagor compte de son côté 561 tomes, ce qui représentent un total approximatif de 54000 pages.

Le point en commun entre les 2 séries outre leur longueur, ce sont les scénaristes. En effet, Tex fut scénarisé par principalement par Gian Luigi Bonelli, tandis que Zagor est scénarisé essentiellement par Sergio Bonelli. Vous avez certainement fait le lien de parenté, puisque les 2 artistes sont père et fils. Depuis leur décès d’autres personnes ont pris la relève afin de faire pérenniser les séries.

Du côté de l’industrie du manga, Kochira Katsushika-ku Kameari Koen Mae Hashutsujo (Kochikame) qui a débuté également en 1976 compte à l’heure actuelle 178 tomes au Japon. Un record suivi de près par Golgo 13 avec 163 volumes (qui a débuté en 1969), puis de Dokaben avec 127 tomes et Cooking Papa avec 117.

Baki et Jojo’s Bizarre Adventure dépasse également la barre des 100 tomes, mais divisée en arc distinct. Hajime No Ippo (1990) effleure le cap des 100 mangas avec 99 tomes (cap dépassé si on prend en compte  le magazine de prépublication).

Un volume de Kochikame représente globalement 200 pages, soit 35600 pages dessinées par l’auteur.

D’un point de vue officieux, des sagas divisées par plusieurs auteurs, Touhou Project remporte la palme de la saga avec la grande avec plus de 19000 volumes, oui, vous avez bien lu. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit à l’origine d’une saga de jeux vidéo indépendants réalisée par ZUN qui s’est vu décliner en des tonnes de produits fanmades. L’auteur acceptant les parodies de son œuvre, le buzz, et le milieu du doujinshi (manga amateur) ont permis une explosion du nombre de doujinshi lié à la série. Notons tout de même que Touhou Project demeure le fanmade le plus représenté à travers le Comiket (le plus grand salon du manga) avec 1700 stands dédiés. Bien qu’une partie des stands soit consacré à la musique et jeux vidéo, la majorité se table sur les mangas.

On pourra également citer l’univers de Disney fort représenté dans l’univers de la BD avec 160000 histoires en BD et 50000 publications selon le site d’archives inducks. Bien sûr, cela inclue les diverses traductions, compilations, rééditions…

Du côté des comics, c’est un peu plus particulier, et surtout très difficile à chiffrer. Les 2 principaux sont Action Comics avec 909 tomes depuis 1938, et Detective Comics avec 881 depuis 1939 et ensuite Batman avec plus de 700 volumes. Dans le cas présent, la différence par rapport à Oriental Heroes ou bien encore Buddha’s Palm, vient du fait les auteurs ont changé plusieurs fois au cours de la production du comic.

De plus, Action Comics a vu la naissance de superman, et Detective Comics celle de Batman. Sauf que les 2 personnages sont liés à d’autres séries. La particularité des comics est leur expansion d’univers avec des tonnes de cross over, des spin off, les concepts de multiverse et compagnie, les 2 personnages ont même l’occasion de se réaliser des cross over ensemble.

Si bien que selon les databases de certains sites de comics comme comics-db, comptabilisent plus de 3000 comics chacun. D’autant plus que l’on peut plus ou moins rajouter les personnages secondaires, les bad guy… comme Robin, Catwoman, Lex Luthor, Joker… qui possèdent leurs propres comics  et ont contribué à l’enrichissement de Batman ou Superman ou bien encore les quelques doujinshi qui traînent au Japon. Bref, il s’agit de chiffres que l’on peut facilement doubler.

Du côté de la BD franco Belge, à ma connaissance la série la plus longue en une seule saga est Bob Morane en 83 volumes (auxquels, on peut rajouter les 227 romans). Toutefois, on notera tout de même que 5 dessinateurs différents ont participé à élaboration de ce titre : Dino Attanasio, Gérald Forton, William Vance, Coria et Francq Leclerq.

Sinon, la plus longue toutes séries confondues doit être Spirou qui est un peu le Batman européen dans l’idée d’une saga. Spirou et le petit Spirou (hors réédition, journal du petit Spirou, et les compilations…), la saga compte environ 200 volumes. D’autant plus que c’est un personnage qui fait parfois des caméos sur d’autres BD comme le marsupilami, ou Gaston (enfin surtout Fantasio pour le second).

Michel Vaillant avec les hors séries comprend plus de 100 tomes. On soulignera quand même que le journal de Mickey (magazine français diffusant des BD françaises, italiennes, hollandaises et américaines) a dépassé le numéro 3121 volumes.

Enfin, en ce qui concerne les manhwas (BD coréenne), c’est Jjang (The Boss) qui à ma connaissance est la série la plus longue avec 66 volumes (11550 pages). The Boss fut commercialisé aux USA, mais stoppé dès le quatrième tome…

Les auteurs les plus productifs

Officiellement, il s’agit de Shōtarō Ishinomori auteur de Cyborg 009, Kamen Rider avec 128000 pages dessinées et 700 volumes. Ceci dit, il est officieusement dépassé par Osamu Tezuka, et Tony Wong.

Osamu Tezuka (qui est le maître de Shōtarō Ishinomori) a dessiné 150000 pages au cours de sa carrière avec un total de 700 volumes. On lui doit des œuvres telles que Phoenix, Bouddha, les 3 Adolf, Astroboy…

Tony Wong, lui, a réalisé dans sa vie plus de 6500 volumes (la majorité de 32 pages, mais d’autres tournent autour de 50 voire 200). Toutefois, il faut relativiser un petit peu le chiffre, car il n’est parfois que le scénariste comme pour Les 4 Justiciers, où Andy Seto s’occupe du dessin qui compte déjà 370 volumes.

L’élève et le maitre : les 2 plus grands mangakas du Japon

Selon mes estimations, Tony Wong a dessiné plus de 180000 pages au cours de sa carrière, ce qui le place tout de même en tête. D’autant plus que l’on pourra mettre en avant le fait que les pages de Tony Wong sont pour la plupart en couleurs et très détaillées depuis les années 90.

Du côté de l’Amérique, il s’agit de Stan Lee. Toutefois, attention, Stan Lee est scénariste et non dessinateur. Stan Lee est crédité plus de 13300 fois, mais, il s’agit de chiffres qui incluent les rééditions, compilations… Il est à l’origine de plus de 2000 comics, mais a également participé avec divers artistes internationaux tels que Moebius (le surfeur d’argent), Hiroyuki Takei (Ultimo) et Tamon Ohta (heroman).

En termes de dessinateur, Jack Kirby reste le plus connu pour l’ensemble de son œuvre avec 20138 pages dessinées, 1385 couvertures, 2600 histoires, et 600 personnages. Certains spécialistes accorderaient plus de pages dessinées par Curt Swan ou John Buscema, mais en l’absence de chiffres officiels, et des databases de fans incomplètes, il est difficile de prouver ces données.

En France, il s’agit de Greg avec 250 volumes à son actif en tant que scénariste et dessinateur. Son œuvre la plus connue est Achille Talon qui compte une quarantaine de tomes.

Les BD qui connaissent le plus d’auteurs sur un même titre

En règle général, une BD est l’œuvre d’un artiste ou deux (selon si le dessinateur travaille avec un scénariste ou non). Certes on trouve selon les pays et les auteurs, des assistants qui aident à la réalisation de la BD, mais sont mis en retrait vis à vis de l’auteur principal.

Toutefois, il existe des cas de figures où plusieurs auteurs participent soit à élaboration d’une histoire, ou l’élaboration de plusieurs histoires dans un seul tome.

Du coup, on se retrouve parfois avec des BD concepts entretenues par le buzz, challenge et donnent lieu à quelques curiosités.

En Argentine, la team « Cómic Social 365 » a réalisé un projet afin de mettre en collaboration divers artistes pour monter un projet BD dans le but de mettre en avant certains aspects technologiques et vise à réduire certaines lacunes dans ce domaine dans le pays.

De ce projet naîtra la BD « Aventuras en el mundo del futuro ». La team recevra 8000 propositions, de 3800 personnes pour faire partie de ce projet. Seul 81 furent sélectionnées pour concevoir chaque semaine un chapitre qui fut diffusé sur internet. La BD « Aventuras en el mundo del futuro » compte au total 21 chapitres + 7 chapitres spéciaux et connaît une version imprimée tirée à 2000 exemplaires.

Dans les projets du genre, on retiendra également les 2 BD les plus longues du monde en termes non pas de volumes, mais de mètres. Le numéro 1 mondial est actuellement français avec un comic strip qui mesure 1 012 mètres de long. Le Comic strip fut réalisé en 24heures avec 122 personnes pour le réaliser (111 dessinateurs et 11 scénaristes). La bande en question est consultable ici. Ce projet de Lyon BD Festival, l’École de dessin Emile Cohl et les écoles d’ingénieurs ECAM Lyon et Ecole Centrale Lyon bat ainsi le précédent record détenu par l’Inde avec une BD de 889 mètres où 640 personnes avaient participé à la conception de celle ci.

Le marché

Sur l’ensemble des secteurs, le manga est le type de BD qui se vend le mieux à travers le monde, et surtout au Japon, où cela représente une véritable industrie. Globalement, le secteur représente un bon tiers des ventes mondiales.

Le trio des principaux éditeurs japonais Kodansha / Shūeisha / Shogakukan gagnent chacun plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires se partageant globalement 80% du marché nippon. Certes, le chiffre d’affaires des sociétés en question comprend également l’édition de roman, et divers magazines, mais le gros de leur marché se base sur l’industrie du manga. Avec le monde de l’animation, le business rapporte plus de 6 milliards d’euros.

Toutefois, le marché nippon connaît ironiquement sur son propre terrain une baisse en terme du chiffre d’affaire (alors qu’il envahit globalement le reste du monde). En effet, l’éditeur numéro 1 Kodansha passe de 1,65 milliard d’euros en 1995, désormais atteint les un milliard. Shūeisha n’est pas l’éditeur numéro 1, mais il est celui qui possède les titres les plus populaires en général (dragon ball, saint seiya, death note, one piece, naruto…). La crise asiatique des années 90 est en partie responsable, mais également l’avènement de certaines modes, et une population vieillissante. En 2010, 585 millions mangas se sont écoulés dans le pays du soleil levant.

Le Japon est le pays qui possède le plus de dessinateurs de mangas.

Les USA de leur côté disposent de 2 éditeurs qui contrôlent quasiment 90% du marché : Marvel (voire même Disney) et DC Comic générant un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros. La BD américaine s’exporte plutôt bien en grande partie grâce à Hollywood qui permet de relancer la popularité de certaines œuvres. A l’instar de son concurrent nippon, les productions américaines ont envahit quelques pays écrasant parfois la production locale.

Le marché franco belge est un secteur en constante augmentation, que l’on prenne en compte les BD étrangères ou non. Par exemple, dans les années 60, seules 60 BD reliées étaient commercialisées, en 2011 (l’année record), c’est 5165 titres qui sont sortis avec une augmentation de 5,46% par rapport à 2010. Globalement, en 15 ans, la production de BD a été multipliée par 10. Toutefois, depuis 2008, le secteur connaît une baisse de son chiffre d’affaires qui s’estime à 416 millions d’euros (38 millions de BD écoulées). On est très loin des ventes japonaises ou américaines. A titre d’information, le numéro 1 du secteur, Dupuis, a un chiffre d’affaires de 72 millions d’euros,vis à vis des japonais, ou des américains, c’est une lutte entre David et Goliath…

En revanche, même si le nombre d’auteurs et de BD françaises augmente chaque année, la part des mangas représente quasiment 40% que ce soit par le nombre de nouveaux tomes publiés (plus de 1000) ou par la chiffre d’affaires. La France est le second consommateur de manga dans le monde, et certains artistes tels que Reno Lemaire (Dreamland) produisent des manfras (manga français) dans des formats relativement proche des mangas. De plus, à l’exception des blockbusters français, les mangas sont mieux exposés en boutique que la BD françaises. Notons quand même que le marché du manga connaît en termes de ventes une chute de 9% de ses ventes depuis 3 ans. Le marché du comic/graphic novel ne constitue en revanche que 9 % en termes de nouveautés. Si le Japon rassemble le pays avec le plus de dessinateurs, la Belgique représente le pays où il y a la plus grande concentration de dessinateurs de BD au km².

De plus, la BD en France est certainement l’un des marchés les plus éclectiques qui existent.

Dans les pays comme l’Allemagne, l’Italie, et l’Espagne et certains pays d’Asie, la production de la BD japonaise est devenue le leader en termes du nombre de productions faisant de plus en plus d’ombre à leur propre secteur de la BD… Toutefois certains ont trouvé des alternatives de résistances avec le temps.

Les artistes coréens, suite à l’invasion du manga, ont décidé de reprendre plus ou moins le même fonctionnement, mais tout en rajoutant leur touche personnelle et culturelle. Grâce à ce procédé, le manga a reculé dans le pays du Matin calme. Depuis, la Corée a inventé des nouveaux techniques de manwha, et certains de ses manhwagas vont dans d’autres pays comme le Japon, où les USA afin de mettre en avant leur art comme Youn In-wan et Yang Kyung-il (Le Nouvel Angyo Onshi), Dall-Young Lim et Sung-Woo Park (kurokami), Kwang-Hyun Kim (Freesing). En 2002, la Corée du Sud représente un marché BD de 504 millions d’euros, et a vendu 42 millions de tomes.

La Chine quand à elle, a su plus ou moins résister notamment grâce à des artistes comme Tony Wong et Andy Seto qui représentent les 2 gros monstres de la BD Hong Kongaise (et qui assuraient à eux 2, une bonne partie des ventes dans les années 90). Les 2 artistes ont repris des bases du comics, du manga pour y injecter leur propre code, et réalisent des titres portés sur un certains esthétismes. Depuis, d’autres artistes chinois se sont fait connaître hors codes de manhua art martiaux comme Benjamin. A noter que l’on trouve des quasi copies de manga (au niveau du scénario et du dessin) mais illustrées par des chinois.

En Italie, bien que les productions japonaises soient devenues plus importantes que le reste de la production locale, les principaux titres italiens sont encore les plus vendeurs comme par exemple Tex, Zagor, ou bien encore Dylan Dog.

En Inde, la situation est plus particulière. Globalement, depuis longtemps, les Hindous sont peu friands de lecture en bandes dessinées, et il est difficile de se procurer des BD en librairie pendant très longtemps à l’exception d’ Amar Chitra Katha et de quelques comics américains par le biais de Marvel (dont on verra la naissance d’un spiderman indien). Il y a bien d’autres titres qui sont commercialisés, mais sont peu mis en avant, et surtout totalement écrasé par Amar Chitra Katha. Des titres étrangers comme Tintin, Astérix, ou bien encore Bouddha ont franchi la frontière mais sans grand succès. Toutefois, depuis 2007, le pays découvre l’arrivée de titres de plus en plus adultes sans nécessairement rechercher des références Hanuman, Rāmāyana ou le Mahabharata qui sont souvent la base des BD locales.

Conclusion

Malgré ces chiffres impressionnants, il faut savoir que le marché atteint des phases de saturation. Il y a énormément de choix pour nous lecteurs contrairement dans le passé, mais en revanche, pour les auteurs, il devient très difficile de se faire connaître que ce soit en France, au Japon ou en Amérique. On remarquera également un phénomène de la mondialisation de la BD, avec des BD françaises ou américaines qui ressemblent à des mangas, des BD indiennes, chinoises, ou japonaises basés sur des super héros américaines… D’un coté, cela privilégie les productions locales, mais de l’autres certains spécialistes craignent une perte d’identité et culturelle du secteur.

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8 responses

3 05 2012
David Wagner

Merci pour cet article instructif

23 10 2012
David Wagner

Sur Comics Chronicles.com: apparemment, DC et Marvel n’ont pas 90% du marché US mais plutôt 65%… et le CA total de ventes de comics est de 414 M$ pour 2011…

30 08 2013
mtz

Il manque une bd franco belge, bob et bobette de Willy Vandersteen et Paul Geerts (l’assistant qui dessinait réellement la série) : plus de 260 tomes jusqu’à leurs morts et il en a eu une 100 d’autre depuis …

2 09 2013
pipasrei

merci pour les précisions (désolé pour le retard de la réponse, vu que je suis plus trop active sur mon blog).
Pour DC et marvel, je me souviens plus de ma source à l’époque pour les pourcentage de marché. Peut être que les chiffres étaient un peu plus vieux (du coup, cela ne prenait pas en compte la percée de certains titres comme walking dead qui n’appartient à aucun des 2 leaders). Peut être que les chiffres en question comportaient également les produits dérivés? Franchement, je ne sais plus.

En revanche pour le CA de marvel, et DC, les chiffres n’inclus pas seulement les chiffres de comics, mais des produits dérivés (ce qui change tout bien sur).

Effectivement mtz, j’avais totalement zappé bob et bobette, et j’ai oublié par la même occasion Willy Vandersteen dans les records des artistes qui ont produits le plus de BD.

21 01 2014
marcel proute

quel article passionnant. ton étude est vraiment intéressante au plus haut point

25 07 2014
Lionel leroutier

pour les scenaristes les plus prolifiques , ce n’est pas Stan Lee le recordman mais Paul S.Newman avec plus de 36000 pages reconnu par le guinness book. et lui même disait que pour une histoire acceptée on lui en refuser deux…

17 11 2014
Marc

C’est l’article le plus complet et le plus ouvert sur la culture planétaire que j’ai trouvé. Chapeau ! La plupart des articles en français restent recroquevillés sur le nombril franco-français.
Question : comment trouvez-vous pour Spirou 200 volumes (S&F=50aine) ?

13 02 2016
Clémentine

Petite erreur de frappe dans l’article, Asterix et Obélix n’a pas été traduit dans plus de 700 langues (ça ferait beaucoup!) mais 107 langues (source: wikipedia)

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