Critique Ip Man

17 04 2012
   Critique Manhua

Ip Man

Découvrez le manhua semi biographique sur la jeunesse d’Ip Man : le maître de Bruce Lee

 

Après nous être intéressés à l’une des visions de Batman par Tony Wong, et constaté que l’auteur possède divers records dans l’industrie de la BD. Le manhuajia (auteur de BD chinoise) s’illustre cette fois-ci avec un autre combattant, Ip Man.

 

Titre : Ip Man

Type : Manhua

Style : Arts Martiaux

Nombre de tomes :

20 (Chine uniquement)

Auteur : Tony Wong

Sujet : Jeunesse de la vie d’Ip Man

PS : L’orthographe d’Ip Man peut également s’écrire Yip Man. Il semblerait que la meilleure orthographe serait Yip Man, mais que son passeport comporte le nom Ip Man. J’utilise dans l’article Ip Man qui me semble être l’orthographe la plus couramment utilisée en Occident.

 

Ip Man, certains d’entre vous n’ont peut être jamais entendu ce nom ? Non, rien à voir avec un énième super héros de Marvel ou DC Comics. Il s’agit de l’un des plus grands maîtres des arts martiaux chinois, entraînant de nombreux disciples comme Bruce Lee (que l’on présente plus), Leung Ting… Ip Man est né en 1893 à Foshan et décéda fin 1972 suite à un cancer. Outre son talent indéniable, Ip Man s’illustra par la modernisation du style de combat wing chun, mais également en refusant d’entraîner les soldats japonais pendant l’occupation nippone en Chine. De plus, contrairement à la majorité des maîtres à cette époque, il a offert la possibilité à toutes personnes de suivre son enseignement, et cassa quelques barrières maîtres/élèves très courantes à l’époque.

De 2008 à 2012, le cinéma asiatique donne naissance à 4 films autour de sa vie :

  • Ip Man par Wilson Yip (retraçant la vie d’Ip Man pendant l’occupation japonaise)
  • Ip Man 2 par Wilson Yip (retraçant la vie d’Ip Man dans le nouveau régime politique chinois après la seconde guerre mondiale et décrivant son affrontement face au champion du monde poids lourd de la boxe américaine)
  • The Legend Is Born: Ip Man par Herman Yau (retraçant la jeunesse d’Ip Man à travers l’enseignement de ses 2 maîtres)
  • Et prochainement the grandmaster par Wong Kar-wai

Les films en question mélangent des parties biographiques tout en rajoutant une part de fiction afin d’ajouter une grande touche héroïsme légendaire au célèbre combattant en omettant certains aspects plus sombres de sa vie (comme l’opium).

Je conseille vivement les 2 films de Wilson Yip (Ip Man et Ip Man 2) qui s’avèrent des réussites tant sur le plan du combat, mais également sur le plan émotionnel. L’acteur Donnie Yen incarnant l’icône chinoise réalise l’une des meilleures performances du cinéma d’Hong Kong. La version d’Herman Yau n’est pas mauvaise, bien au contraire, mais inférieure à tout point de vue à son concurrent directe. Ironiquement, on y retrouve plusieurs acteurs en commun possédant des rôles différents tels que Sammo Hung, ou bien encore Louis Fan Siu-wong.

Affiche du film The Legend Is Born: Ip Man

Tony Wong adapte donc le film The Legend Is Born: Ip Man en manhua. On aurait préféré voir une adaptation des titres de Wilson Yip, mais dans un sens, le soucis de ce film s’avère lié en partie aux jeux de certains acteurs (hors combat).

Le manhuajia débute ce titre juste après la diffusion du film en Chine en 2010.

Résumé

En 1905, Ip Oi-dor confie la garde de son fils Ip Man et de son fils adoptif Tin-Chi à un grand maître d’art martial : Chan Wah Shun, qui enseignera son savoir dans le domaine du combat. 3 ans après leur arrivée, Chan Wah Shun décède. Ng Chung So prend la succession et continue l’enseignement du wing chun aux différents disciples du défunt maître.

Quelques années plus tard, Ip Man part faire ses études scolaires à Hong Kong, et se taillera rapidement une réputation en combattant un étranger trop présomptueux. Il fera peu de temps après la connaissance d’un vieillard nommé Leung Bik, qui lors d’un combat « amical » avec Ip Man mettra le jeune homme au tapis avec une facilité déconcertante. Bien qu’il pratique également le wing chun, Leung Bik a modernisé ce style de combat en accordant un peu plus d’importance aux mouvements des jambes (le wing chun traditionnel étant basé à 70% d’utilisation des bras). Il décide suite à ce combat d’enseigner son savoir à Ip Man.

Lors de son retour, Ip Man dévoile ses nouveaux talents, mais se fait réprimer par Ng Chung So qui voit ici dans ses nouvelles techniques de combat, une trahison à son maître. De leur coté, les japonais préparent un plan d’invasion de la Chine, et des proches de Ip Man vont se retrouver liés à cette affaire.

 Impression

Sans surprise de la part de l’auteur, la mise en scène des combats est impressionnante. On retrouve toute la maîtrise du dieu de la BD de Hong Kong avec un souci du détail qui force le respect. On reconnaît sans aucun problème chaque mouvement et posture du wing chun, en passant par le « yee jee kim yeung ma », le jin ma ou bien encore pien ma… Un souci du détail que l’auteur pousse à son paroxysme, et signe ici certainement l’une de ses plus belles réussites en matière de combat (bien plus que sur batman Hong Kong). Les affrontements se font sur un ton réaliste pour la majorité et l’auteur se permet même quelques libertés sur des combats non présents dans le film mais qui font partie de certaines notions du wing chun, comme le combat avec la paire de couteaux papillons.

Les autres types d’art martiaux comme comme le judo, et le karaté sont également maîtrisés sur le plan du dessin.

Toutefois, on comprend difficilement certains choix de Tony Wong, d’un côté, il oriente son manhua sur un titre où le ratio combats/dialogues est de 65/35 alors que le film possède un ratio relativement équilibré à ce sujet. De plus, Tony Wong supprime l’une des scènes cultes du film avec le combat de Chan Wah-Shun les yeux bandés en rajoutant plus tard un combat contre une sorte de samouraï albinos aux cheveux longs peu crédible… Comme l’auteur a un peu plus travaillé les poses de ses protagonistes et de leur mise en scène, la qualité du dessin est juste un poil en dessous de ce que nous a habitué l’auteur. Attention, le trait demeure d’excellente qualité, bien plus que la majorité des auteurs (surtout avec un tel rythme), mais on constate une présence moins prononcée de certaines cases en acrylique qui sont ses cases les plus réussies.

A l’exception de Leung Bik, et Kitano Yumi auxquelles, Tony Wong a apporté quelques changements, on reconnaît sans aucune difficulté les protagonistes du film. Pourtant, lorsque l’on regarde la première couverture du manhua, c’est un délice visuel qui accompagne nos rétines avec une représentation réaliste des acteurs. Malheureusement, le reste du manhua ne possédera pas un tel niveau de dessin, mais il faut être réaliste, bien que l’auteur soit capable de le faire, cela lui consacrerait beaucoup trop de temps.

 

Globalement, à l’exception de quelques détails, les 10 premiers tomes suivent relativement bien la trame du film, tandis que les 10 derniers s’éloignent sur bien des aspects, mais conservent certaines grandes lignes. Un changement pour offrir une vision différente du film ? Surprendre le lecteur qui connaîtrait déjà le film ? Pouvoir justifier quelques combats supplémentaires ? Ou peut être tenter tant bien que mal de respecter la biographie de Ip Man ? Difficile de le savoir, toujours est il que ses modifications apportent du bon, et du moins bon. Le traitement de Tin-chi et de Kitano Yumi sont beaucoup mieux abordés que dans le film, mais au détriment de la relation amoureuse entre Ip Man et Huang Yi (présente dans les premiers volumes, totalement occultée sur la fin). On se retrouve également avec quelques passages kitschs gâchant légèrement la crédibilité de l’œuvre avec notamment le samouraï albinos, ou le militaire.

 

Petit supplément de fin de volume

A la fin de chaque volume, les lecteurs auront la surprise de découvrir des suppléments sympathiques. On y retrouve quelques anecdotes sur le film, mais également des guides de combats avec un bon découpage des mouvements et des conseils plutôt bien fournis. On y retrouve également diverses informations sur des tournois ou sur des sportifs titrés pratiquants les arts martiaux. Il s’agit d’un détail appréciable qui permet d’enrichir l’œuvre en informations pour des personnes qui ne possèdent aucune notion dans ce domaine.

Conclusion

The Legend Is Born: Ip Man est à l’image du film, un titre agréable et plutôt maîtrisé dans son domaine respectif, mais imparfait sur les autres domaines. Globalement que ce soit le film, ou le manhua, on ne peut que saluer la prestation des combats. Bien évidemment il est plutôt conseillé de voir le film où les combats sont naturellement en mouvement, mais ceci dit, les combats du manhua, sont dynamiques, réalistes, bien mis en scène, et reste parmi les plus maîtrisés de l’ensemble de la scène BD. Si le manhua permet de corriger le jeu des acteurs, et rajoute quelques détails fort agréables, on regrettera quelques changements maladroits, et une présence des combats parfois un peu trop étalée au détriment de certains dialogues.

 

 

Les +

  • Les combats
  • Le dessin
  • Certains apports liés à Tin-chi et de Kitano Yumi

Les –

  • Quelques changements regrettables
  • Trop de combats

 

Trailer du film

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