Ascension

8 05 2012
   Critique manga

Ascension

Découvrez un manga basé sur l’alpinisme

Aujourd’hui une introduction un peu particulière qui n’aura pas de rapport avec le sujet. Il y a quelques jours, en faisant un tour dans la boutique de BD, deux gamins et une grand mère ne connaissaient le marsupilami que par le biais du film… et ne savaient pas qu’à l’origine, c’était une BD. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un drame, je reste étonné que visiblement des acheteurs de BD occasionnelles ignorent l’existence de l’un des monuments de la BD franco belge.

 

Titre : Ascension (孤高の人)

Type : Manga

Style : Seinen

Nombre de tomes :

8 tomes en France /17 au Japon (terminé)

Auteur : Sakamoto Shin’Ichi (dessin / scénario) / Takano Hiroshi et Yoshio Nabetta (scénario) / Jiro Nitta (œuvre originale)

Sujet : Manga basé sur l’alpinisme


PS : La critique se base sur les 7 premiers tomes.

Ascension est un manga réalisé par Sakamoto Shin’Ichi et co-scénarisé pour les tomes 2 à 4 par Takano Hiroshi et Yoshio Nabetta pour les 2 premiers tomes. Il s’agit d’un manga adapté d’un roman de Jiro Nitta intitulé « l’homme impassible ». Bien que les auteurs reprennent la trame du roman , la période décrite dans l’œuvre originale et le manga sont différentes. En effet, le roman se base dans les années 1930 tandis que le manga se situe plus ou moins dans notre présent. Naturellement, cette réécriture apporte des modifications techniques de l’alpinisme, mais également sociétale. Le titre a été récompensé lors du 14ème média art au Japon par le prix d’excellence, et en France par le prix mangawa seinen en 2011. Ascension est également plébiscité par de nombreux mangakas tels que Oku Hiroya (gantz), Masanori Morita (Racaille Blues)…

Résumé

Buntarô Mori est un lycéen solitaire qui vient de changer d’établissement scolaire. Alors qu’il séchait un cours, un camarade de classe pratiquant l’escalade vient lui chercher querelle, et lui lance un défi… celui d’escalader le lycée.

Buntarô Mori s’exécute et commence l’ascension du bâtiment malgré un manque de sécurité et son inexpérience. Alors que le challenge est loin d’être évident, Buntarô Mori parvient à terminer le défi sous les yeux ébahis de ses camarades et professeurs. Il découvre une sensation qui lui était alors inconnue jusqu’à présent, et par la même occasion une passion pour l’escalade.

Un de ses professeurs qui gère le club d’escalade va le prendre sous son aile, et va l’initier un peu plus aux joies de ce sport. Le premier défi de notre jeune héros est de franchir le Mont Takatori.

 

Sakamoto Shin’Ichi n’est pas le premier à gravir la thématique de l’ascension au sein de l’industrie du manga. Jirô Taniguchi l’avait déjà illustré de fort belle manière à travers « le sommet des dieux » et « K, l’ivresse des sommets ». On notera même que dans le domaine de la BD en général, peu de de BD représentent cet univers particulier. Walt Disney s’est essayé avec Mickey Alpiniste ou bien encore Emmanuel Lepage et Dieter pour la BD Névé.

Ascension rappelle par son ambiance et sa passion des mangas tels que Glaucos dans le domaine de la natation, ou bien encore les gouttes de dieu avec le vin. Si ces titres ne vous évoquent rien, peut être que la référence cinématographique, le Grand Bleu, vous parlera plus. Sauf qu’ici le grand bleu est remplacé par la grande blanche. Ascension décrit véritablement cette alliance fusionnelle entre l’homme et la montagne. Une fascination pour la dame blanche qui berce les alpinistes à travers sa beauté et ses mystères, mais également pour le challenge qu’elle leur apporte.

En termes de narration, Ascension vise un public entre le seinen et le shonen. Le nekketsu (le dépassement de soi) composant essentiel de tout shonen qui se respecte est présent à travers le manga, mais ne choque pas. Autant sur un bon vieux Olive et Tom, on pourra parfois s’interroger sur le mental d’acier d’un gars avec une jambe et une épaule détruite pour un match de foot, mais sur un manga traitant d’alpinisme sur des objectifs de sommets à plus de 8000 mètres, le dépassement de soi est inévitablement nécessaire pour espérer réaliser ce genre d’exploit, la technique, et les conditions physiques ne suffissent pas.

Le manga n’hésite pas à nous rappeler qu’une montagne présente certes un joli panorama, mais qu’une erreur d’un alpiniste peut fatalement entraîner sa mort, ou la mort d’une équipe.

On appréciera le fait que la discipline est traitée avec réalisme, et surtout s’avère présentée de manière relativement pointue surtout pour un néophyte. Il y a beaucoup de termes barbares (cordé, sherpa) pour monsieur tout le monde, qui fort heureusement sont très bien expliqués à travers l’histoire, mais également à la fin de chaque volume où l’on trouve diverses informations sur l’escalade, les phénomènes météorologiques, les principaux sommets mais aussi des interviews.

En revanche, on regrette que certains personnages soient trop stéréotypés. Que le héros soit taciturne est une chose, mais le casting des personnages trop extrêmes. Je vais un poil caricaturer, mais on s’interrogerait limite sur le fait que les alpinistes seraient tous des cas sociaux. Cela ne me dérange pas spécialement car on retrouve cette habitude dans bons nombres de shonen, mais c’est peut être dommage que pour un manga qui traite aussi bien de l’alpinisme sur le plan du réalisme, ne soit pas aussi réaliste à travers ses personnages. Certains protagonistes, sont un peu plus développés au cours du manga, mais seul le héros sort vraiment du lot.

Outre l’alpinisme, le manga traite également le thème de la solitude, un « fléau » qui touche nos belles sociétés modernes. Ironiquement, alors qu’à travers la société, notre jeune héros s’isole, et s’éloigne des autres. A l’inverse, à travers sa nouvelle passion, il trouvera petit à petit une sociabilité sur des endroits où la civilisation est proche de zéro.

Sur le plan du dessin, on ne peut que saluer le travail de Sakamoto Shin’Ichi, les décors demeurent criant de réalisme et l’auteur peint parfaitement la montagne. Du côté des traits des personnages, c’est « irrégulier ». Tout comme Tony Wong, Sakamoto Shin’Ichi simplifie les visages sur les plans éloignés, en revanche, pour les grandes scènes, ou les plans rapprochés, l’auteur se rapproche d’un trait plus réaliste tout en conservant une patte manga et son identité visuelle. Ceci dit, le dessin est toujours de très bonne qualité, et plus les volumes avancent, plus le titre fourmille en détail.

Conclusion

Ascension est un manga qui porte parfaitement son nom. Au début, on se retrouve face à un manga lambda dans un cadre lycéen avec de jolies dessins, puis le périple de Buntarô Mori s’enrichit, et on découvre une véritable montée en puissance du bébé de Sakamoto Shin’Ichi. L’auteur signe ici son meilleur titre et sublime parfaitement l’univers de l’alpinisme. Pour l’anecdote, suite à la commercialisation du manga en France, le nombre d’inscriptions dans les clubs d’escalade a augmenté. La Fédération française de la montagne et de l’escalade conseille également ce manga.

 

Les +

  • L’ambiance
  • Le dessin
  • Riche en informations
  • Le héros
  • La mise en scène
  • Les explications en fin de volume

Les –

  • Certains personnages secondaires

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